L’évadé
Socadisc
Jamais les lieux-dits d’Ardèche n’ont été aussi proches des forêts acadiennes. Le guitariste-chanteur offre un album de chansons de chemise à carreaux, où l’acoustique et l’électrique sentent bon la sciure et les copeaux de bois. À cinq ou à six, les musiciens superposent leurs instruments et leurs voix, et épaississent la douceur des écrits de l’Ardéchois. Les instruments se conjuguent au pluriel. Les guitares, le piano, la section rythmique, préparent le terrain pour les fêtards, l’accordéon, le métallophone, la guimbarde, ou l’harmonica. Cet ensemble porte une chanson fédératrice à partager le coude au comptoir. Cette chanson française est parfois timide et fragile, mais sait sortir de ses gonds et propager la bougeotte tout autour. Par moments, se res­sentent les héritages mêlés de Louise Attaque et des Fatals Picards. Ce troisième album ne fait pas la révolution, il fait la paix, dedans comme dehors, et trace des sentiers. « Que c’est beau quelqu’un qui s’évade » (“L’évadé”). VALENTIN CHOMIENNE