Baptiste Dupré, l’évadé

Les chansons passent, restent la tendresse. Après Que le vent vienne, Baptiste Dupré laisse s’échapper L’évadé, son troisième album.

Musique folk, énergique, juste rock, et douceur du chant nous entraînent pour un tour ou deux… ou pas ! Car mieux vaut ignorer les urnes perfides et leur préférer les plaisirs de chère et de chair. Nous sommes ainsi invités à nous évader pour retrouver une séduisante Parisienne par un heureux télescopage, pour apprécier l’œuvre du temps d’une Jeanne à l’autre, et pour nous laisser griser par les virevousses hypnotiques d’un papillon nocturne nouveau-né.
Lorsqu’il pleut sur les drapeaux de l’hôtel de ville, le piano se fait grave; on s’inquiète pour demain. Mais irrésistible mélancolie, on chérit sa Peine intime si familière et si rassurante. Point de haine ni de rage dans l’adresse Viens : Baptiste Dupré offre simplement amour et protection à deux orphelins immigrés, Rabia et Fatima, dont la couleur de peau semble offenser certains qui ont “leur idée de la France”. La violence se pointe cependant avec L’argent roi, violence militaire et violence de nos riches dirigeants. Avec son style électro-eighties surexcité et un texte extravagant, le voyage à Nouméa dénote. Pastiche ? Déconcertant en tous cas.
Comme l’album s’ouvrait sur Une chanson pour du vent, narrant la genèse d’une chanson sans prétention, nous repartons Sur mon radeau pour recouvrer cet univers onirique où nous emporte avec allégresse le violon de José Ramanoélina.

Jacoti