S’il est précisé qu’il vient d’Ardèche, c’est certainement pour souligner un côté roots et un attachement à la nature. L’histoire ne dit pas qu’il fait des câlins aux arbres, mais il paraît que ça fait un bien fou. Tout comme son album Petites choses et vaste monde. Il s’appelle Baptiste Dupré.

Une ballade folk en entrée sur fond de trouble et de finitude puis les regrets et la lassitude (“Je suis las“) : “J’ai pas envie, j’ai pas le choix, je veux pas de cris pas de croix, je m’ennuie sur les lignes droites, j’ai les yeux secs et les mains moites, j’ai le poids du temps sur mes veines, j’ai le cœur vide, la tête pleine”.

C’est doux et foutrement romantique, une poésie à la guitare acoustique et un swing accordé par le trompettiste Stéphane Belmondo : “Et chaque fois alors, c’est la même rengaine, les pardons que j’implore, les regrets que je traine, des sourires des naissances aux larmes des défunts, je déplore l’impuissance de ne comprendre rien” (“L’ignare“).

Le temps passe, les saisons se succèdent, les âmes virevoltent, troublées de rencontres étonnantes et de récits émouvants. Baptiste Dupré est un chanteur solaire dont l’univers feutré laisse les membres alanguis et les sens perclus de tendresse.

“Demeurer un instant dans la beauté des choses, la seconde transie aux brumes matinales” (“Demeurer un instant“).

Baptiste Dupré est le pas, le chemin qui chemine, la racine, le sillon du temps, la brume matinale, un murmure dans le vent, un jour ordinaire, une senteur d’automne, un souvenir, un sourire, les ailes qui poussent et les cœurs dévêtus. Un rêveur, un artiste, un type qui doute et qui voudrait qu’on lui fiche la paix de temps en temps, une belle âme avec le cœur qui se balance, une révérence et une amitié rare.

“Quand le regard nous leurre, cherchant l’inaccessible, une aiguille dans le cœur, pointe droit sur la cible avant de disparaitre, je veux être un être sensible” (“Sensible“).