Baptiste Dupré s’évade à vélo jusqu’à Marseillan

Le chanteur présente son troisième album ce samedi 14 avril au centre social.

Il y a de tout dans ce troisième album de Baptiste Dupré, L’évadé. Une touche de Noir “Dez”, une pointe de Manu Chao, un zest absurde de Philip Katerine et aussi un poil de moustache du grand Georges. Il y a surtout comme une évidence, dopée de mélodies accrocheuses, qui mène le chanteur ardéchois sur les routes de France pour une tournée… à vélo. Un “maillot jaune” de la chanson française en somme, qui sera, ce samedi, au centre social de Marseillan, à 18 h 30, gratuit.

Pendant deux mois, vous faites votre tournée à vélo, c’est pour mieux vous “évader” ?

C’est un peu ça, mais ce n’était pas réfléchi au départ. Effectivement, ça se compile vraiment bien avec la sortie de l’album qui porte ce nom L’évadé. On se rêvait un voyage en famille depuis quelque temps avec ma compagne et les enfants. La sortie de l’album s’est greffée à ça. Du coup, j’ai eu envie de profiter du voyage qui se profilait pour jalonner l’itinéraire de dates. L’idée de l’évasion qui m’a accompagnée, tout au long de l’album, continue de nous accompagner pour cette tournée.

Vous auriez pu faire la même chose en camion. Pourquoi à vélo, c’est pour soigner votre bilan carbone ?

Non, j’ai une sensibilité écologique certaine mais ce n’était pas du tout ça l’élément moteur du projet. On aime beaucoup les voyages à vélo. Quand j’ai une date “classique” souvent, les jours avant, je commence à y penser. La date arrive, elle passe à toute vitesse, et on passe à la suivante… Là, tant qu’on est sur le vélo, on est dans le voyage, dans l’instant présent du vélo. Je pense au concert au moment où je monte sur scène. Et, il fait partie d’un tout, d’un voyage encore plus grand.

Vous êtes donc seul sur scène… vous tentez une échappée ?

Je suis seul sur la majorité des concerts de la tournée (dont celui de Marseillan). Parfois, un musicien m’accompagne, quand on passe près de chez lui. Une date, à Verfeil, est calée avec l’ensemble du groupe. Sinon, c’est solo.

C’est un retour vers la genèse…

Complètement. Quand j’écris les morceaux, je les écris guitare/voix, en solitaire, puis on les arrange avec les musiciens. Je remarque, que, plus je renforce mon solo, plus j’ai plaisir à partager avec les musiciens la scène. Ce n’était pas envisageable de partir tous, à vélo, pendant deux mois. Mais c’est une expérience que nous renouvellerons ave l’ensemble du groupe sur un itinéraire plus court.

Le titre “Nouméa” se détache du reste de l’album. C’était dans l’idée de faire un single ?

C’est vrai que Nouméa est complètement à part. On s’est posé la question de l’intégrer ou pas à l’album. On a fait le choix de la mettre car j’ai bien l’idée de ce qu’elle vient proposer, de changement soudain d’univers. Elle apporte une touche d’humour que j’ai dans la vie mais qui n’est pas forcément très présente dans mes albums, c’est une parenthèse dans l’évasion qui passe par Nouméa.

On vous sent plus intimiste sur “Chanson pour du vent”, plus festif sur “L’évadé”… quel est le vrai Baptiste Dupré ?

Justement, j’ai l’impression que dans cet album-là, de par le fait que c’est le premier que je réalise avec une équipe plus enrichie, avec un son plus rock, je peux exprimer des parties de moi que je n’avais pas encore explorées. Non pas parce qu’elles n’existaient pas, mais parce que je n’avais, jusque-là, pas eu la capacité de les mettre en musique. Je pense que le vrai Baptiste Dupré est dans la multitude de cet ensemble et peut-être aussi d’autres choses à venir. J’ai l’impression que j’arrive de mieux en mieux à me cibler, non pas en trouvant la chanson qui me définirait le mieux mais par ces pas de côté… Cela fait partie d’un tableau qui dépeint l’ensemble et la complexité de ce que l’on est.

Qu’est-ce qui vous inspire… à part le vélo ?

Je n’ai pas de source d’inspiration. L’inspiration est la source. Ce sont davantage des états qui m’inspirent et que j’aime venir rechercher.

Par quoi sont-ils provoqués, ces états ?

Par l’itinérance physique et l’errance de l’esprit. Par des moments de détente qui peuvent sembler improductifs, où l’esprit s’évade mais ce sont des moments où peuvent germer des choses, des instants d’où émerge l’inspiration. Je n’ai plus alors qu’à lui donner forme.